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Dans ce blog, je publie régulièrement des textes sur des sujets d'actualité. J'en reprends certains en anglais.

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Dernière mise à jour : 29 sept. 2025


Depuis l’annonce de l’accord transatlantique sur les questions commerciales, les commentaires vont bon train. Ursula von der Leyen est accusée d’avoir cédé à toutes les exigences de Donald Trump afin de mettre un terme – bien hypothétique – à l’incertitude qui mine les acteurs de l’économie européenne. Trump triomphe et la Commission tente de justifier sa faiblesse. Mais cet accord est-il vraiment aussi désastreux qu’on le dit ?

 

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en janvier dernier, les Européens s’angoissent au rythme de ses déclarations sur les droits de douane qu’il entend appliquer aux importations européennes. Il a lancé plusieurs ultimatums, assortis de divers taux et dates limites, et a fait machine-arrière à plusieurs reprises. A quelques jours de la date butoir, la Présidente de la Commission s’est rendue en Ecosse, où séjournait le Chef d’État américain, et a négocié un accord entre deux parties de golf présidentielles.

 

Un accord objectivement déséquilibré

 

De toute évidence, l’accord est très défavorable aux Européens. Leurs exportations seront frappées de droits de douane de 15% (et bien plus pour des produits comme l’acier et l’aluminium), sans que des taxes ne s’appliquent en retour aux produits américains. En outre, Ursula von der Leyen s’est engagée sur un ambitieux plan d’investissements aux Etats-Unis, et d’achat d’énergie et d’armes. Les Eurosceptiques – pourtant prompts à soutenir Trump et à dénoncer la prétention de l’Union à agir au nom des 27 – stigmatisent la faiblesse et l’illégitimité de la Présidente de la Commission. Les fédéralistes sont déçus par son manque d’audace et par son incapacité à surmonter les éternelles divisions et atermoiement des leaders européens. Les éditorialistes se désolent de l’image que cet accord donne de l’Union, à l’échelle internationale comme à l’échelle domestique : en effet, comment faire respecter l’Union si elle se plie aux lubies de Donald Trump et si elle trahit les intérêts de ses citoyens pour ménager ceux des industriels ? 


Un évident aveu de faiblesse

 

Depuis les premières menaces de Donald Trump, l’Union fourbit pourtant ses armes, et annonce de possibles mesures de rétorsion. Les institutions européennes ont longuement discuté de la possibilité de taxer fortement certaines importations américaines. Elles ont aussi abondamment évoqué le recours à l’instrument « anti-coercition » dont l’Union s’est récemment dotée, et qui permet, par exemple, de bloquer l’accès des entreprises d’un État tiers inamical aux marchés publics. Les tensions avec Donald Trump avaient, plus largement, valeur de test pour les nombreuses déclarations faites ces dernières années au sujet de l’Europe « géopolitique », « puissance » ou « souveraine », de son « autonomie stratégique », de sa réindustrialisation, de son retour au réalisme dans les relations internationales, ou encore de l’affirmation de sa place entre les autres grands blocs. Finalement, rien de tout cela ne s’est concrétisé : la Commission a négocié un accord qu’elle défend piteusement en indiquant que cela aurait pu être pire et que, tout bien considéré, c’était la meilleure chose à faire.

 

La Présidente avait-elle réellement le choix ?

 

De nombreux commentateurs estiment que cet accord désastreux est imputable à la Présidente de la Commission. Elle a en effet la réputation – sans doute justifiée – d’être une atlantiste forcenée. On lui reproche aussi d’être aux ordres de sa famille politique (le PPE), et tout particulièrement de la CDU, sa branche allemande, qui se soucie plus de clarifier les règles du jeu auxquelles sont soumises les entreprises exportatrices que d’affirmer la puissance de l’Union ou de réprouver l’attitude du Président américain. D’une manière générale, Ursula von der Leyen n’a guère impressionné par sa capacité à négocier avec Donald Trump. Des experts comme Thierry Breton, ancien commissaire européen (2019-2024), et Jean-Luc Demarty, ancien Directeur général du Commerce extérieur à la Commission (2011-2019), ont multiplié les interventions pour mettre en doute l’existence même d’une stratégie de la Présidente.

 

Toutefois, compte tenu de l’attitude du Président américain, des divisions entre les États-membres, de la duplicité de certains leaders nationaux européens et des enjeux socio-économiques et géopolitiques de la négociation, on voit mal comment la Présidente aurait pu opter pour un conflit ouvert. En l’espace d’un semestre, Donald Trump a bouleversé tous les principes et codes des négociations internationales, laissant ses partenaires – en Europe comme dans le reste du monde – hagards et perplexes. Il est peu soucieux des conséquences de ses décisions, et semble prêt à une escalade sans fin des sanctions si ses intérêts politiques l’exigent. Les responsables des institutions européennes et les leaders des États membres se soucient bien davantage du respect des alliances et des traités, et de l’impact d’un éventuel conflit sur la croissance économique et le chômage. La négociation est fondamentalement asymétrique, car Donald Trump n’est pas accessible aux arguments de droit et de raison, et n’a visiblement peur de rien.

 

Une Présidente en roue libre ?

 

Contrairement à ce que l’on a beaucoup entendu ici et là, la Présidente de la Commission n’a pas agi seule ou sans mandat, et ne s’est pas dispensée de rendre des comptes. En matière commerciale, la Commission jouit d’un mandat du Conseil de l’Union ; les représentants des 27 définissent les grandes lignes de son action, la Commission négocie en leur nom et elle les informe régulièrement de ses progrès. La Présidente agit aussi au nom du collège des 27 commissaires, et n’a pas les mains libres, compte-tenu du principe de collégialité qui gouverne l’institution. Enfin, elle doit compter avec l’avis du Parlement européen qui, comme le Conseil, doit approuver les accords commerciaux qu’elle signe, et peut à tout moment désavouer son action, y compris par une motion de censure.

 

Des critiques convenues

 

Les commentateurs (responsables politiques nationaux, députés européens, grands-patrons, syndicalistes, éditorialistes, universitaires, experts…) qui condamnent presque unanimement l’accord sont très convaincants dans leurs argumentations, mais ils n’expliquent pas ce qu’ils auraient fait à la place de Mme von der Leyen. Ils prennent le soin de détailler les conséquences néfastes de l’accord, mais n’évoquent pas celles – économiques mais aussi géopolitiques – de la rupture qu’ils recommandent, le plus souvent implicitement. En effet, Donald Trump n'a pas fait mystère, lors du dernier sommet de l’OTAN, de sa volonté de lier commerce et sécurité : pas de soutien militaire sans accord commercial. Mais l’Union européenne peut-elle assurer, seule, le soutien à l’Ukraine ? Peut-elle se prémunir d’une offensive russe contre l’un de ses États membres sans l’appui des Etats-Unis ? D’un point de vue socio-économique, quelles auraient été les conséquences de taxes douanières de 30%, ou plus, sur l’ensemble des produits européens exportés aux Etats-Unis ? Il serait évidemment souhaitable que l’Union ne se soumette pas à la volonté d’un tyran, mais à quel prix ? On a lu et entendu peu de commentaires à ce sujet. Et il n’est pas sûr que les contempteurs de l’accord auraient félicité Mme von der Leyen si elle avait indiqué à Donald Trump que l’Union européenne refusait de céder à ses injonctions et à ses menaces.

 

L’Union puissance, certes, mais comment ?

 

Aujourd’hui, il n’est plus besoin d’être un fieffé fédéraliste européen pour appeler de ses vœux une Europe plus unie, plus ambitieuse et plus forte, dans un contexte international où les relations entre les blocs se tendent, et ou la logique du multilatéralisme, du respect de la chose signée et de la coopération loyale entre les nations est en net déclin. Les sondages d’opinion montrent clairement que les citoyens entendent que l’Union serre les rangs et prenne plus de responsabilités en matière de sécurité et de défense. Les négociations avec Donald Trump auraient pu être l’occasion d’affirmer la volonté des Européens de prendre en charge leur destin et d’affirmer fièrement leurs valeurs et leurs conceptions de la marche du monde, mais l’intendance aurait-elle suivi ? Comment se lancer dans une telle aventure lorsque, autour de la table du Conseil européen, il se trouve plusieurs responsables politiques ouvertement inféodés au Président Trump, d’autres qui paniquent à l’idée de perdre le parapluie nucléaire américain, et d’autres encore qui sont obsédés par la nécessité d’écouler leurs produits manufacturés ?


 

Affirmer l’indépendance et la souveraineté de l’Europe est un processus long et complexe qui ne peut reposer exclusivement sur des mots et des décisions symboliques. Inversement, l’accord négocié par Ursula von der Leyen en Ecosse n’est pas non plus la marque d’un renoncement à toute ambition de puissance pour l’Union : ce n’est qu’une péripétie malheureuse dans un processus plus vaste. Surtout, deux raisons appellent à nuancer les critiques dont il a fait l’objet : l’accord n’est pas juridiquement contraignant et bien des promesses européennes n’engagent personne.

 

Un accord politique non contraignant

 

Mme von der Leyen et M. Trump se sont entendus et ont échangé une poignée de main, mais ils n’ont rien signé. Leur accord est du même ordre que celui noué entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni : il ne repose pas sur un traité, mais sur l’engagement réciproque à prendre des décisions unilatérales. L’accord UE–Etats-Unis pourrait prendre la forme d’un traité, mais dans ce cas, il devrait être négocié en détail, avec un mandat précis du Conseil. Il devrait aussi être ratifié par celui-ci à la majorité qualifiée, et approuvé à la majorité simple par le Parlement européen. Si l’accord prenait la forme d’un traité plus ambitieux (comme le CETA avec le Canada ou le traité UE-Mercosur), intégrant des éléments qui relèvent des compétences des États, il s’agirait alors d’un traité dit « mixte », qui réclamerait un vote à l’unanimité du Conseil, l’approbation du Parlement européen, et la ratification par les 27 parlements nationaux. Ce serait le cas si, par exemple, le texte comportait des éléments relatifs à l’achat de matériel militaire américain. Cette hypothèse est toutefois peu probable, car le risque d’échec serait trop grand. Pour l’heure, il s’agit donc un simple accord politique. Les plus critiques l’ont d’ailleurs bien noté, estimant qu’il n’empêchera pas Donald Trump de réviser sa position quand il le voudra.

 

Des promesses qui n’engagent que celui qui y croit…

 

L’accord repose aussi sur de nombreuses promesses verbales d’Ursula von der Leyen : achat de davantage d’énergie, d’équipements militaires, investissements aux Etats-Unis… Sur toutes ces questions, elle n’avait ni mandat, ni capacité juridique à s’engager. En effet, la politique énergétique des États membres reste très largement de leur ressort, et repose en grande partie sur les choix d’opérateurs privés. De même, les États sont libres d’acheter leur matériel militaire où ils veulent, et on a pu voir récemment que les stratégies des 27 en la matière sont très contrastées. La Commission et les États ne peuvent pas non plus contraindre les investisseurs européens à privilégier les Etats-Unis. L’accord commercial négocié en Ecosse rappelle celui conclu le mois dernier lors du sommet de l’OTAN : les États européens se sont engagés à accroître substantiellement leurs investissements militaires, mais cela n’est pas juridiquement contraignant. Les responsables nationaux concernés savent que Donald Trump ne sera plus au pouvoir d’ici quelques années, et ils seront sans doute très inventifs pour labelliser « OTAN » toutes sortes de dépenses sans rapport réel avec la défense.

 

Un bon calcul à moyen terme ?

 

Dans un océan de commentaires sceptiques, sarcastiques ou défaitistes, il y a donc deux raisons d’espérer que cet accord se révèle moins mauvais qu’il n’y paraît.


 

En premier lieu, on l’a vu, une partie des promesses faites par Ursula von der Leyen n’engagent que celui qui y a cru. De toute évidence, Donald Trump aime les victoires et les symboles de sa grandeur, entend se prévaloir de grands succès auprès de son électorat, et se soucie assez peu des détails. Les promesses qui relèvent de la compétence des États membres et des opérateurs économiques ne sont que de belles paroles destinées à flatter l’égo du Président américain et à calmer son courroux.

En second lieu, cet accord démontre la nécessité pour les 27 de serrer les rangs et leur donne du temps pour le faire. Ces négociations baroques prouvent définitivement que l’Union ne peut plus compter sur les Etats-Unis – du moins tant que D. Trump ou J.D. Vance sera à la Maison Blanche. Les intérêts et conceptions des Américains et des Européens ne coïncident plus, et le Président américain ne cache pas sa profonde détestation du projet et des valeurs que porte l’Union. Il faut en prendre acte. Les institutions de l’Union et les États membres doivent donc déployer des stratégies à moyen et long terme pour limiter leur dépendance vis-à-vis des Etats-Unis – qu’il s’agisse de commerce, d’énergie ou de sécurité. Comme plusieurs responsables européens l’ont déjà indiqué, l’Union pourrait profiter de ce tournant dans les relations internationales pour prendre la tête d’une coalition d’États désireux de préserver et promouvoir les principes du multilatéralisme – à rebours des conceptions qui dominent désormais à Washington et à Moscou. L’accord Union–Etats-Unis peut donc être compris comme un répit pour les Européens, mais seulement s’ils en profitent pour se mettre en ordre de bataille.

 

Olivier Costa

Dernière mise à jour : 29 sept. 2025

Tribune publiée par La Croix, le 9 juin 2025


Le 9 juin 2024, au soir du résultat des élections européennes, Emmanuel Macron annonçait la dissolution de l’Assemblée nationale. Un an plus tard, les citoyens français jugent durement cette décision, qu’ils n’ont pas comprise et qui n’a pas apporté de solution à la crise politique dont souffre le pays. L’insatisfaction règne, car les institutions françaises semblent frappées d’immobilisme. Pourtant, elles ont connu des évolutions importantes, qui constituent un début de solution à la fragmentation politique qui affecte le pays.

 

Un jeu politique à l’arrêt ?

 

La situation politique de la France reste délicate. Le gouvernement Bayrou doit batailler pour faire passer des textes de loi, au cas par cas, et prend peu d’initiatives. Le Premier ministre est très impopulaire, et se montre rarement sur le terrain, tandis que la plupart des ministres sont inconnus du grand public. Le Président a été contraint de se focaliser sur les questions internationales et européennes, et ses tentatives pour reprendre la main à l’échelle domestique ont échoué. Quant aux oppositions, elles sont focalisées sur les prochaines élections présidentielles et se déchirent dans cette perspective.

 

À tout moment, l’Assemblée nationale peut censurer le gouvernement, et faire un saut dans l’inconnu. Emmanuel Macron a en effet tenté l’option de la droite, avec Michel Barnier, puis celle du centre, avec Français Bayrou. Quelle serait la prochaine étape ? L’arithmétique laisserait peu de chances de survie à un Premier ministre issu du NFP ou du RN. Il resterait l’option d’un gouvernement « technique », composé de personnalités reconnues pour leur compétence et non pour leur engagement politique, mais il serait condamné à l’attentisme qui irrite tant les citoyens. Chacun attend des prochaines élections présidentielles qu’elles clarifient la situation politique, mais si elles obligent les citoyens à choisir, tel n’est pas le cas des législatives, qui ont peu de chance de faire émerger une majorité.

 

De profonds changements en cours

 

Malgré une situation en apparence bloquée, des évolutions importantes s’opèrent. Le Parlement a retrouvé des couleurs. Ses délibérations sont certes chaotiques, mais il domine désormais la fabrique de la loi : pour la première fois sous la V° République, une large majorité des textes sont d’origine parlementaire. Le système des « niches parlementaires », l’inflation du nombre d’amendements et la multiplication des commissions d’enquête donnent plus d’influence aux oppositions. Le Sénat se fait particulièrement entendre, et jouit d’un poids inédit. Le Président a accepté de laisser le Premier ministre gouverner, et de ne plus arbitrer chaque dossier.

 

Une réforme du mode de scrutin pour les législatives semble désormais possible. La proportionnelle ne permettrait pas de dégager une majorité claire, mais elle encouragerait les différents groupes parlementaires à négocier des coalitions. En effet, avec le scrutin majoritaire actuel, les partis s’entendent en amont, pour soutenir des candidats uniques ; après les élections, ils sont tenus par leurs alliances. Avec la proportionnelle, chaque parti présente ses propres candidats ; les négociations s’ouvrent au soir des élections, pour déterminer qui peut gouverner avec qui et sur la base de quel programme, ce qui rend plus facile l’émergence d’une majorité stable. La plupart des partis semblent prêts à ce changement. À l’Assemblée nationale, les choses évoluent déjà : le gouvernement Bayrou a fait adopter le budget et une trentaine de lois avec l’appui ponctuel d’élus qui n’appartiennent pas à son camp. Depuis un an, une autre conception du jeu parlementaire s’invente, plus respectueuse des oppositions et de la fragmentation de l’opinion.

 

La frustration des citoyens reste intacte

 

Cette approche de la démocratie pose toutefois le problème de son image et de son manque d’efficacité, à un moment où des enjeux pressants appellent des réponses fortes et rapides. Le « Baromètre de la confiance politique » du CEVIPOF (février 2025) montre que les citoyens sont profondément insatisfaits du fonctionnement démocratique du pays : 48 % des sondés estiment que « rien n'avance en démocratie, il faudrait moins de démocratie et plus d'efficacité », 41 % approuvent l’idée d’un « homme fort qui n’a pas besoin des élections ou du Parlement » et 73 % souhaitent « un vrai chef en France pour remettre de l’ordre ».

 

C’est la quadrature du cercle : les citoyens aspirent à ce qu’une société de plus en plus fragmentée politiquement soit gouvernée par un leader puissant, capable de décider sans ciller. Cette situation paradoxale n’est pas propre à la France ; toutes les démocraties libérales souffrent de clivages politiques complexes, bousculés par la montée des forces populistes, qui engendrent un immobilisme mortifère alors que les citoyens aspirent à un pouvoir fort et efficace. Les adaptations qui s’opèrent depuis un an sont un début de réponse à la crise de la démocratie française, mais elles ne sont pas susceptibles de contenter les attentes des citoyens.


Olivier Costa



Dernière mise à jour : 29 sept. 2025

Donald Trump's antics and United States protectionism are affecting the global economy. But they are also creating a potentially salutary crisis, calling on the major powers to reconsider their alliances and priorities, as well as the dependence in which many find themselves on the United States - from the point of view of security, trade or new technologies. Is this an opportunity for the European Union (EU) and China to reconsider their relationship, which began exactly 50 years ago? Is it possible to overcome the obstacles that led to a freeze in negotiations between the two blocs in 2021? Can their relations be balanced?



Social networks have widely circulated a letter, supposedly from Mexican President Claudia Sheinbaum to Donald Trump, arguing that the 7 billion people on the planet who are not US citizens can find ways to trade and dialogue with each other, and do without US services and products.


Claudia Sheinbaum's supposed letter to Donald Trump
Claudia Sheinbaum's supposed letter to Donald Trump

The letter is apocryphal, but its success has shown that the citizens of the countries targeted by the outbursts of the American President are ready to mobilise to boycott the United States and find alternatives. But the task is not a simple one. While one can decide overnight to prefer brands other than Tesla, Nike or Coca-Cola, or go on holiday to another country, one cannot easily reconfigure supply chains and revise a commercial and diplomatic strategy that has been established since the Second World War. What's more, given that the United States accounts for more than a quarter of the world's GDP and for the bulk of the EU's trade, it is difficult to imagine substituting other trading partners in the short term.

 




It was with this in mind, however, that the President of the European Commission Ursula von der Leyen signed the free trade agreement with Mercosur last December and relaunched negotiations with other powers (Malaysia, Mexico, Australia, Philippines, Indonesia, etc.). She also intends to diversify the EU's value and supply chains and develop its own capacities, for example in the field of rare earths. But what role can China play in these developments?

 

Complex and tense relations

 

From a strategic point of view, the EU sees China as a partner, an economic competitor and a systemic rival. It is a partner when it comes to global issues such as climate change, public health and nuclear non-proliferation, issues that are common to both blocs. It is also a feared economic competitor in areas such as new technologies, the green industry, cars and artificial intelligence. Finally, it is a systemic rival, because the EU and China have divergent conceptions of global governance, human rights and democratic values. Nevertheless, China is one of the EU's main trading partners: in 2023, bilateral trade exceeded 850 billion euros. And it is likely to intensify because, despite its current difficulties, the Chinese economy is developing rapidly and remains the engine of global growth.

 



But the leaders of the EU institutions feel that the relationship is not satisfactory: they criticise the limited access to certain Chinese markets, are concerned about the Union's dependence on strategic imports - such as rare earths and solar panels - and denounce Chinese state subsidies to certain sectors. Since 2023, the Commission has launched several investigations, notably into Chinese electric vehicles, which are suspected of benefiting from unfair state aid.

 

EU-China relations are also troubled by several sensitive issues. There is the long-standing issue of human rights, particularly the repression in Xinjiang. There is the situation in Hong Kong and Taiwan. Tensions are also arising from the measures taken by the EU against Chinese companies involved in 5G mobile telephony infrastructure, particularly Huawei. Finally, there is China's position on the war in Ukraine; Beijing maintains an official position of neutrality but is suspected in Europe of supporting its historic ally.

 

Freeze on the Comprehensive Agreement on Investment

 

These tensions have led to an impasse in the negotiations on the Comprehensive Agreement on Investment (CAI). This treaty was intended to facilitate reciprocal access to markets, improve the transparency of the rules that apply to Chinese companies in Europe and vice versa, and protect each other's investments. Negotiations were launched in 2013 and culminated in the signing of a text at the end of 2020, under pressure from the German Council Presidency, which was keen to bring this dossier to a close. However, the ratification process came up against the hostility of the European Parliament. In response, the Chinese authorities banned 10 MEPs, academics and representatives of European institutions from visiting China. As a result, the EP suspended all official dialogue with Beijing.

 

Formally, the CAI still exists, but it is no longer considered viable. As a result, the 2025 map of EU trade agreements produced by the Commission does not refer to it anymore, and China is no longer in the (yellow) category of countries with which negotiations are underway.

 

Source: European Commission 2025
Source: European Commission 2025

Opinions on this agreement are very divided. The same is true of the EU's free trade strategy in general, and there is no less controversy over relations with Canada and Mercosur. Supporters of the CAI praise the increased access for European companies to certain Chinese sectors (automotive, health, financial services, cloud), whether they are investing in the Chinese domestic market or producing in China for the rest of the world. They emphasise China's commitments on the transparency of subsidies and respect for labour law, as well as the legal protection of foreign investment. Opponents of the agreement, on the other hand, believe that it provides more advantages for China in the short term, that the guarantees are insufficient in terms of human rights and trade union freedoms, and that the overall context of relations between China and the EU no longer lends itself to an agreement. They believe that priority should now be given to economic "de-risking", i.e. limiting dependence on particular partners, and that mechanisms for controlling inward and outward investment should be strengthened.

 

Deep divisions about the EU-China relations

 

The possibility of relaunching negotiations with China depends on the emergence of a consensus within the European Council and the European Parliament (EP). For the time being, Member States and political groups are divided, advocating three distinct approaches.

 

Firstly, there are the hardliners (France, Lithuania, Czech Republic) who are calling for a firmer stance on Beijing. This is also the case at the EP with the Greens/EFA group, which is particularly tough on human rights and the environment, and is calling for strong measures to prevent the Union becoming strategically dependent and to safeguard the security of computer data. The Left (GUE/NGL group) shares this critical point of view, but also denounces the Union's foreign policy, which is judged to be neo-colonial, and rejects the very concept of free trade in favour of a multipolar conception of the world.

 

Other countries (Germany, Hungary) favour commercial stability and pragmatic cooperation, and are more concerned about commercial issues (exports to China, Chinese investment on their soil). In the European Parliament, this line is defended by the EPP group (Christian Democrats): while it criticises the infringement of human rights and is concerned about Chinese interference, it remains in favour of free trade, subject to fairer rules and greater reciprocity.

 

A final group includes supporters of "de-risking", who want the EU to reduce its dependence on China and ensure its strategic autonomy, without breaking economic ties with Beijing. In the EP, this line is taken by the S&D (Socialists) and Renew (centrists and liberals) groups. They are concerned about rights and freedoms and, in economic matters, are critical of dumping and forced labour practices. As such, they played a key role in blocking the CAI in the European Parliament in 2021. This is also broadly the position of the radical right and eurosceptic groups, who nonetheless - on this issue as on many others - have complex and fragmented positions. They have little concern for human rights, but see China as a strategic threat. Economically, they favour protectionism. Finally, they tend to align themselves with the hostility of the United States towards China - particularly since the return of Donald Trump to the White House. Some parties, however, such as the Rassemblement National in France and Fidesz in Hungary, are particularly conciliatory towards the Chinese authorities. 

 

What are the prospects for relations between China and Europe?

 

Despite the persistent stalemate over the CAI dossier, there are several reasons to believe that developments are conceivable in the short to medium term.

 

Firstly, in the context of growing tensions with the United States, both the EU and China need new partnerships. These are economies whose prosperity is based on exports, and which depend on imports for certain goods and services. It is impossible for them to achieve self-sufficiency in many areas in the medium term, and their domestic market cannot absorb all their production. What's more, in negotiations with the United States, invoking a third party (the EU for China, and vice versa) can prove invaluable. For the EU, re-engaging with Beijing means signifying to the Trump administration that a real negotiation is needed and that it is not in a position to impose its conditions unilaterally. This would be particularly the case if the EU and China were to align their positions on a given issue. This analysis also applies to the Chinese negotiators, who will no doubt take advantage of their contacts with the European Union in their exchanges with the US administration.

 

Secondly, there has been a weakening of the political forces most hostile to China, particularly following the European elections in June 2024, which saw a marked decline in the numbers of the Greens and the Liberals and, to a lesser extent, the Socialists. Conversely, parties in favour of closer ties with China and greater economic pragmatism have the wind in their sails, both in the EP and in the European Council. Several national leaders of the radical right - notably Viktor Orban - are very committed to bilateral relations with China.

 

Thirdly, there has been a degree of de-escalation. On 8 April 2025, President von der Leyen spoke on the phone with Chinese Premier Li Qiang. On 6 May 2025, the spokesman for the Chinese Ministry of Foreign Affairs announced that China and the European Parliament had agreed to simultaneously lift restrictions on contacts and agreed on the importance of strengthening dialogue and cooperation between China and the EU. EU leaders are expected in Beijing at the end of July for a summit with President Xi Jinping to mark the 50th anniversary of diplomatic relations between the two blocs.

 

Finally, public opinion is changing. China's image is mechanically improving as that of the United States and Russia deteriorates. People, even those with little knowledge of current geopolitical issues, understand that the EU's economic prosperity depends on its ability to trade on a global scale, and that new partnerships need to be developed in this direction. The map below shows how this is changing. In red are the countries whose citizens have a better image of China than of the United States. We can see that Atlanticism is in sharp decline in Europe, which creates a positive context for the resumption of negotiations with China.





A form of political realism is emerging, both in the European institutions and in public opinion. There is a tendency to consider that the Union cannot claim to be in dialogue only with countries whose regimes are fully democratic, because their number is shrinking every year... Faced with the political drift underway in the United States and the aggressiveness of Russia, as well as the situation in Gaza, the sharp tensions between India and Pakistan, and the growing hostility of many African countries towards the Union, Europeans may have to revise their position on China.


Olivier Costa - olivier.costa@cnrs.fr


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