- Olivier Costa

- 24 févr.
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Il y a quatre ans jour pour jour, la Russie attaquait l’Ukraine. Depuis, l’armée et le peuple ukrainiens la tiennent en respect, en dépit des analyses des Cassandre, de l’infatigable propagande russe et du déclin du soutien américain.
Cela fait quatre ans que les autorités russes essaient d’impressionner les pays occidentaux – qui seuls soutiennent activement l’Ukraine – en les menaçant des pires mesures de rétorsion. Et quatre ans que des leaders d’extrême-droite et d’extrême-gauche, qui nous expliquaient avant le 24 février 2022 que la Russie était absolument pacifique, relaient le discours du Kremlin et s’opposent au soutien à l’Ukraine, par défaitisme, sympathie pour les dictateurs, clientélisme, ou parce qu’ils se sont compromis. Hier encore, Viktor Orban menaçait de mettre un nouveau veto aux projets européens.

Aujourd’hui, le soutien à l’Ukraine est plus que jamais indispensable. Parce qu’il en va de la sauvegarde de l’ordre international tel que nous le connaissons depuis 1945, fondé sur la souveraineté des États, l’intangibilité des frontières et le rôle des organisations internationales. Parce que l’armée russe se rend coupable chaque jour de crimes de guerre et qu’elle s’en prend délibérément aux populations civiles. Parce que Vladimir Poutine n’a aucune intention de négocier la paix. Parce que si la Russie gagne en Ukraine, elle ne s’arrêtera pas là, la gestion désastreuse du pays ne lui laissant d’autre choix que de s’emparer des richesses de ses voisins.
Contrairement à ce que répètent les petits télégraphistes du Kremlin, le soutien à l’Ukraine fonctionne. La guerre, prévue pour durer quatre semaines, s’éternise depuis quatre ans, et l’armée russe n’a pas progressé sur le terrain depuis son avancée initiale. Elle a connu des pertes humaines sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale (plus de 300.000 morts et 1 million de blessés) et a consommé une quantité de matériel ahurissante. L’économie russe, durement frappée par les sanctions internationales, est à l’agonie, entièrement mobilisée par l’effort de guerre. Et le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la répression pour imposer à la population russe ce projet délirant.

Donald Trump tergiverse et les Européens ne sont pas pressés de voir un accord de paix signé, car cela impliquerait qu’ils déploient des troupes sur le sol ukrainien pour le faire respecter, ce qui ne semble pas acceptable par les opinions publiques de la plupart des Etats membres. L’armée et la population ukrainiennes doivent donc tenir, et pour cela, il faut les soutenir. Rappelons que le soutien de l’Union à l’Ukraine n’est pas qu’un affaire de principe, d’équilibres géopolitiques ou de solidarité : c’est un choix intéressé, car il faut que Vladimir Poutine échoue. Et il viendra un temps où l’armée ukrainienne, la plus efficace et la plus aguerrie au monde, contribuera à la sécurité de l’Europe.
Olivier Costa


