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Dans ce blog, je publie régulièrement des textes sur des sujets d'actualité. J'en reprends certains en anglais.

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Donald Trump ne parvient plus à terminer ses phrases, exige un prix Nobel comme un garnement réclame un vélo, et se lance dans des élucubrations où il empile sans logique idées, slogans et anecdotes. Si les hommes de science restent divisés quant au diagnostic, il est clair que le Président connaît un déclin de ses facultés intellectuelles, sans doute lié à son âge (80 ans en juin prochain). C’est ironique quand on considère qu’il doit largement son élection au retrait trop tardif de Joe Biden (82 ans au moment de la campagne), qui souffrait lui aussi de sérieux problèmes cognitifs. Mais est-ce bien différent en France ? La classe politique nationale est rajeunie, mais la campagne pour les municipales montre qu'il existe des situations extrêmes. Faut-il légiférer pour limiter l’âge des candidats ou le nombre des mandats ?

 

 

Alphonse Legros, Etude de vieillard (Licence : Creative Commons)
Alphonse Legros, Etude de vieillard (Licence : Creative Commons)

 

Une classe politique française rajeunie

 

La France peut s’enorgueillir d’avoir une classe politique nationale relativement jeune. Emmanuel Macron a 48 ans, et la plupart de ses successeurs potentiels sont à peine plus âges : Clémentine Autain et François Ruffin ont 50 ans, Jérôme Guedj 54, Édouard Philippe 55, Bruno Le Maire 56, Marine Le Pen et David Lisnard 57. Certains sont même plus jeunes que le Président : Jordan Bardella a 30 ans, Gabriel Attal 36, Sébastien Lecornu et Marine Tondelier 39, Raphaël Glucksmann 46. Les seuls candidats nettement plus âgés sont Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou (74), Jacques Cheminade (75) et Philippe de Villiers (76). La moyenne d’âge des ministres s’est elle aussi beaucoup réduite, pour s’établir à 52 ans aujourd’hui. Celle des députés est similaire, et celle des Sénateurs s’établit à 60 ans, moins qu'on ne serait porté à penser.

 

A l’échelle des territoires, un rajeunissement s’est aussi opéré : la moyenne d’âge est de 60 ans pour les maires, 59 ans pour les présidents de Conseil départementaux et 57 ans pour les présidents de Conseils régionaux. Il existe toutefois des écarts importants. Certains élus, qui ont largement dépassé l’âge de la retraite, s’accrochent ainsi à leur fauteuil comme des bernacles à leur rocher. Ainsi, André Laignel, 83 ans, se présente pour un 9° mandat à la mairie d’Issoudun, dont il est maire depuis 1977. André Santini, 85 ans, est candidat à un huitième mandat à Issy-les-Moulineaux malgré ses ennuis avec la justice et son hospitalisation. Alain Carignon, 76 ans, veut reconquérir son siège à Grenoble. Rappelons qu’il ne s’agit pas de villages, où personne ne veut se présenter, mais de villes moyennes ou grandes, où les candidats ne manquent pas.

 

Peut-on diriger une collectivité au soir de son existence ?

 

On peut rester physiquement et intellectuellement alerte jusqu’à un âge avancé. Les exemples ne manquent pas dans nos entourages et parmi les personnalités publiques – écrivains, acteurs, intellectuels, chanteurs, journalistes… Mais leurs éventuelles défaillances ne nuisent qu’aux intéressés. Personne ne voudrait que sa vie dépende d’un chirurgien, d’un pilote d’avion ou d’un guide haute montagne de 85 ans ; il n’y en a d’ailleurs pas. Mais on trouve nombre d’octogénaires à la tête de collectivités, qui mettent en péril l’intérêt général quand leurs capacités physiques et cérébrales déclinent et qu'ils refusent de se retirer.


Que toutes les classes d’âge soient représentées dans une assemblée est une bonne chose, mais les fonctions exécutives devraient être réservées à des personnes qui ont la pleine capacité de leurs moyens physiques et intellectuels. Passé la soixantaine, tous les salariés sont renvoyés chez eux, qu’ils soient alertes ou pas, qu’ils le veuillent ou non. En revanche, les maires et présidents de collectivités peuvent rester aux affaires jusqu’à ce que mort s’en suive : est-ce bien raisonnable ?

 

Baronnies, gérontocratie et médiocratie

 

On me dira qu’en démocratie il revient aux citoyens de choisir les bons candidats. Mais ils ne sont pas sollicités au stade des investitures, et ne veulent pas forcément voter contre leurs convictions politiques pour écarter un candidat qu’ils ont assez vu. A l’échelle municipale, les maires sortants jouissent souvent d’une notoriété et de réseaux qui les rendent indéboulonnables. Tant que les investitures seront du seul ressort de l’appareil des partis ou, plus sûrement, des maires et des présidents de collectivités sortants, les retraits de la vie politique ne pourront être que volontaires – ce qui est rare – ou provoqués par des alternances électorales.

 

Le fait qu’il n’existe pas de limite d’âge pour les candidats ou le nombre de mandats s’oppose d’ailleurs structurellement au renouvellement des générations. En effet, dans les circonstances actuelles, les maires et les présidents d’exécutifs territoriaux ne sont pas encouragés à préparer leur succession en poussant la personne la plus capable pour cela. Bien au contraire : la perspective de se voir guidé vers la sortie par plus jeune et plus brillant que soi amène nombre de hiérarques à barrer la route aux élus les plus prometteurs et à leur préférer des personnes sans relief et sans ambition.

 

C’est ainsi que se constituent les baronnies locales qui ont marqué la vie politique française depuis le XIX° siècle. Elles reposent sur un homme providentiel qui instaure la médiocratie, c’est-à-dire la promotion stratégique de gens dépourvus de qualités, qui lui doivent tout, ne peuvent rien lui refuser et ne lui feront jamais d'ombre. Cet arrangement est un gage de longévité pour le Baron, car non seulement ses obligés n’ont pas les capacités pour contester son leadership, mais leur destin est lié au sien. Ce mentor peut alors justifier son choix de rester par le soutien unanime de son camp et par l’absence d’autre candidat valable…

 

Faut-il limiter le nombre des mandats ou l’âge des candidats ?

 

Le projet de réforme des institutions porté par le gouvernement d’Édouard Philippe en 2018 prévoyait de limiter le nombre de mandats des parlementaires et des présidents d’exécutif local (sauf pour les communes de moins de 9 000 habitants) à trois mandats identiques, complets et consécutifs. Le texte a cependant fait les frais de l’opposition du Sénat, d’un manque de consensus parmi les partis, et de la focalisation du gouvernement sur d’autres priorités politiques. Depuis, il n’en a plus été question.

 

Rappelons que la Constitution prévoit qu’on ne peut exercer que deux mandats consécutifs à la Présidence de la République, afin d'éviter toute dérive monarchique. La même règle existe aux Etats-Unis. Ailleurs, des normes s’appliquent à d’autres élections. En Italie, les mandats de maires sont limités à deux, sauf exceptions régionales, et le Parti démocrate exclut les candidats de plus de 70 ans pour les élections locales. En Allemagne, la CDU et le SPD imposent pour certaines élections une limite d’âge à leurs candidats (65 ans) et un nombre maximum de mandats. En Espagne, Podemos impose une limite de trois mandats consécutifs à ses membres. Au Japon, le Parti libéral-démocrate recommande une retraite à 75 ans pour ses députés.

 

En France, aucun parti n’a de règle précise en la matière et personne ne semble vouloir réfléchir à la question, sans doute pour ne pas froisser l’égo de quelques figures tutélaires. Alors que l’opinion publique découvre que Jack Lang occupait toujours, à 86 ans, la Présidence de l’Institut du Monde Arabe, une fondation largement financée par l’État, il est sans doute temps de relancer ce débat.


Olivier Costa


Palais de l'Elysée. Licence Creative Commons.
Palais de l'Elysée. Licence Creative Commons.

Les lecteurs attentifs me diront que j’ai publié il y a quatre mois un billet de blog qui porte quasiment le même titre (« La V° République rend fou »). C’est exact. Mais comme le disait un collègue, éminent juriste de l’ancienne école, « il vaut mieux se répéter que se contredire ». Ainsi, quand j’écris un article, je pèse toujours mes mots et ne cède jamais à mon humeur du moment, de manière à être encore d’accord avec moi six mois plus tard.

 

En octobre 2025, à l’époque du psychodrame Lecornu – ce nouveau premier ministre qui avait choisi de démissionner moins de 24 heures après avoir été nommé, pour finalement revenir quand même – j’écrivais qu’il était impossible de faire fonctionner la V° République comme un régime parlementaire, car les débats à l’Assemblée nationale sont entièrement conditionnés par les ambitions présidentielles des chefs et sous-chefs des multiples partis. Les uns et les autres n’ayant aucun intérêt, ni à gouverner, ni à être conciliants avec ceux qui le font, il est impossible de construire une majorité si aucun camp ne l’emporte clairement lors des législatives.

 

Sébastien Lecornu a finalement tenu bon, mais il n’a fait passer aucun texte important et a dû recourir par deux fois au 49.3 pour doter le pays d’un budget. Tout le monde s’était enfin mis d’accord sur la nécessité de réduire le déficit, ce qui n’allait pas de soi un an plus tôt, mais personne n’a voulu faire le moindre effort pour y contribuer. Le budget 2026 présente donc un déficit abyssal – 124,4 milliards d’euros, soit 5% du PIB – ce qui n’augure rien de bon.


Depuis, l’hystérie présidentielle n’a fait qu’empirer. Chaque jour, une autre gloire du passé ou un nouvel inconnu annonce sa possible candidature avec la gravité d’un héros de film d’action. L’autre soir, en voyant Jack Lang à la télévision, j’ai craint qu’il ne vienne se déclarer lui aussi, mais il venait juste dire que Jeffrey Epstein était un type sensationnel, qui avait un goût très sûr en matière d’art. Ouf ! Plus d’un an avant l’élection présidentielle, prévue au printemps 2027, j’ai fait le compte des personnalités qui ont annoncé leur candidature ou ont évoqué publiquement cette éventualité. C’est édifiant.

 

A l’extrême-droite, les 4 candidats officiels sont Jordan Bardella (RN), Eric Zemmour (Reconquête !), François Asselineau (UPR) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). Sarah Knafo (Reconquête !) brûle des cierges pour que son compagnon lui cède la place, et Marine Le Pen pour que la Cour d’appel se montre clémente et renvoie Jordan Bardella au Parlement européen. Philippe de Villiers, fort de sa popularité sur CNews, est en embuscade.

 

A droite et au centre, il y a 3 candidats déclarés : Édouard Philippe (Horizons), Bruno Le Maire (RE) et David Lisnard (LR). Mais bien d’autres ont fait connaître leur disponibilité et se préparent à la façon de Rocky Balboa, en priant pour qu’il arrive un malheur aux trois premiers : François Bayrou (MoDem), Gabriel Attal (RE), Gérald Darmanin (Divers Centre), Xavier Bertrand (LR), Dominique de Villepin (La France Humaniste), Michel Barnier (LR), Aurore Berger (RE), Elisabeth Borne (RE), Yaël Braun-Pivet (RE), Jean Castex (DVD), Laurent Wauquiez (LR), Valérie Pécresse (LR), Manuel Valls (RE) et Bruno Retailleau (LR).

 

A gauche, on compte 6 candidats déclarés à l’élection ou à une primaire : François Ruffin (Debout!), Clémentine Autain (L’Après), Marine Tondelier (EELV), Jérôme Guedj (PS), Delphine Batho (GE) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière). Mais bien d’autres ont affirmé publiquement songer à faire don de leur personne à la Nation : Olivier Faure (PS), François Hollande (PS), Carole Delga (PS), Ségolène Royal (SE), Raphaël Glucksmann (Place Publique), Bernard Cazeneuve (La Convention), Yannick Jadot (Les Ecologistes), Sandrine Rousseau (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (PCF). Quant à Jean-Luc Mélenchon (LFI), qui affirme depuis 2022 qu’il cèdera sa place en 2027, seul un jeune enfant a pu croire cela.

 

Enfin, plusieurs personnes issues de la société civile ont fait connaître leur désir de mettre leurs compétences au service du redressement du pays : Patrick Sébastien (Ça suffit), Michel-Edouard Leclerc, Mathieu Pigasse et Teddy Riner. Mais j’en oublie sans doute.


Palais de l'Elysée. Licence Creative Commons.
Palais de l'Elysée. Licence Creative Commons.

 

Si je résume, nous avons déjà une douzaine de candidats officiels et un total de 44 personnalités qui ont publiquement évoqué la possibilité de se présenter l’an prochain. Je répète donc que l’élection présidentielle est fondamentalement toxique pour la vie démocratique du pays, car elle attire les illuminés et rend marteaux des gens a priori équilibrés. Et plus le jeu semble ouvert et incertain, plus la situation devient chaotique. Face à l’émiettement du paysage politique français, les personnes les plus insignifiantes se disent, en apercevant leur reflet dans la glace au saut du lit : « Mais, si Hollande, qui a le charisme et l’autorité d’un chinchilla, et Macron, qui n’avait jamais été élu à rien et n'avait pas de parti, ont réussi, pourquoi pas moi ? »

 

2027 sera assurément un grand cru...


Olivier Costa

The US intervention in Venezuela took experts and editorialists by surprise, once again revealing the media’s tendency toward Manichaeism when confronted with international crises. Between humanitarian justification and denunciation of a coup, positions clash reflexively. Yet this binary debate masks a far more complex reality. Rejecting simplifications does not mean excusing Maduro, nor absolving Trump. Above all, at a time when imperial logics are openly asserted, it is the role and responsibility of Europe that are directly called into question.


Source: Google Maps
Source: Google Maps

 

Donald Trump wrong-footed editorialists and television pundits in the days following New Year’s Eve. Just as fire safety specialists had replaced Brigitte Bardot’s biographers on TV panels, he ordered a show of force against the Venezuelan regime and had Nicolás Maduro and his wife placed in irons. This new episode makes it possible to cultivate the Manichaean vision of the world favoured by mass media. On Venezuela, as on Israel or Ukraine, positions are Pavlovian: few experts actually know the country or its domestic situation, yet two entrenched camps quickly emerge.

 

A Manichaean View of the Show of Force in Venezuela

 

On one side, mainly on the right of the political spectrum and among advocates of a realist approach to international relations, the American intervention is justified by reference to the humanitarian crisis. Venezuela is experiencing chronic shortages of food, medicines and basic services, and concrete solutions must be provided to a population that has suffered for too long from the damage caused by Chavismo. Supporters of a hard-line approach also argue that democracy must be restored: Nicolás Maduro failed to respect election results and has installed severe political repression and systematic human rights violations. The American intervention is also seen as a response to a regional migration crisis: the dictatorship has driven millions of Venezuelans into neighbouring countries, destabilising the entire region. The United States also accuses the country of serving as a platform for drug trafficking and corruption, and of allowing armed groups to flourish there; a local intervention was the only way to put an end to this. Finally, supporters of the American position argue that Venezuela destabilises the world order by selling off its oil at cut prices to authoritarian regimes (Russia, China, Iran).

 

In the other camp, the intervention is considered an unacceptable and unjustified violation of a state’s national sovereignty, carried out in the service of another country’s interests. The operation is in fact motivated solely by the country’s immense reserves of oil and minerals, and by the insatiable greed of American companies and consumers. It also carries a risk of military escalation: the conflict could degenerate into civil war or into an indirect confrontation with powers allied to Venezuela, increasing regional instability. Historical precedents are cited as evidence of failure: American interventions in Latin America (Cuba, Chile, Nicaragua, etc.) and elsewhere in the world (Iraq, Libya, etc.) have left lasting scars, failed to restore democracy and exacerbated tensions within the societies concerned. In the US Congress, critics highlight the human and financial cost of the operation. Finally, more moderate analysts argue that domestic and diplomatic solutions were neglected, and that American military intervention weakens local initiatives and multilateral diplomatic bodies (the UN, regional mediation).

 

Doing Justice to Complexity

 

What should we make of all this? First, we must accept that a situation can be complex. While conservative editorialists emphasise Americans’ right to defend their interests against dictatorship and crime, and Jean-Luc Mélenchon demands the return of Nicolás Maduro to power, reasonable observers must embrace nuance. Thus, one can say that the photograph below depicts a Jaguar E-Type; that it is a sports car; that it is British; and that it is green.

 

 

Source: ChatGPT
Source: ChatGPT

 

All four statements are equally valid, and there is no reason to quarrel over them. One can also argue – if one assumes the subjective nature of such a judgement – that this apple-green colour does not suit the car, because it is not an original colour, that “British racing green” would be more appropriate, and that this shade makes the car look like a courgette. But one could just as well think it suits the car, because it is original and modern, and because there are already far too many black or grey Jaguars. Similarly, one enthusiast will claim that the E-Type is a very pleasant car to drive, with top-class performance and excellent road holding, while another will say it is unreliable, with poor braking and an incoherent driving position. One can argue either way, or have no firm view at all.

 

Likewise, with regard to Venezuela, one can accept that the following statements are all true and not contradictory: Nicolás Maduro is a bloodthirsty dictator; Donald Trump is an authoritarian leader seeking to divert Americans’ attention from domestic difficulties and scandals by launching a war; Americans are not motivated by the human rights situation in Venezuela; Donald Trump has demanded the bombing of eight countries within a single year and does not even deserve his FIFA chocolate medal; and part of the Venezuelan population is pleased by Maduro’s fall, after he ruined a once-prosperous country and subjugated its people.

 

Nuance Is Not Cowardice

 

Choosing nuance and respecting complexity do not necessarily imply fatalism or cowardice. Since the launch of the American operation in Venezuela, commentators have once again been quick to declare political Europe dead – given the cautious reactions of its leaders in Brussels and national capitals, their divisions, and their inability to express a clear position beyond appeals to the law. But because Europe, unlike other regimes, respects democracy and pluralism, one cannot consider that the lukewarm views expressed by Ursula von der Leyen, Kaja Kallas or Emmanuel Macron commit Europe’s 450 million citizens. Other voices are being heard, and Donald Trump’s show of force is a fresh injunction for the European Union to mobilise in defence of the international order inherited from the Second World War.

 

In a world where imperial appetites are expressed without shame, the European Union must be the voice of reason, respect for law, and international institutions. Law is not an end in itself; it is an instrument serving a political vision of the world – one based on the sovereignty of peoples and harmony between them. A world in which the law of the strongest cannot prevail, whether it be a dictator oppressing his population or a country invading its neighbour.

 

This viewpoint is not easy to express today, as Europe appears isolated on the international stage. But this is yet another trap of media rhetoric: the fact that a position appears to become a minority does not make it any less just or legitimate, because this is not a matter of numbers but of facts and analysis. The day leading opinion leaders proclaim that the Earth is flat, it will not stop being round. Donald Trump reasons in terms of imperial spheres of influence and openly considers that the United States must impose regimes and ideologies in Latin America that conform to his vision and his country’s interests. But if Europe accepts this, how will it explain that he cannot annex Canada, the Panama Canal and Greenland? How can Russia be denied a return to Cold War borders? How can one oppose China’s right to make and unmake regimes in neighbouring countries – Taiwan, Vietnam, Korea?

 

The European Union Must Embrace and Promote Its Values

 

Today, the European Union must take the lead in defending the principles of international law, the sovereignty of peoples and states, and the primacy of international organisations in global affairs. To do so, it must speak with a strong and united voice – even at the risk of displeasing the White House or the Kremlin – and lead a broad coalition of countries committed to these principles: the United States’ historic allies (Canada, Japan, Australia, New Zealand, European countries outside the EU), but also countries of the Global South, which have nothing to gain from the imposition of imperial logics from which they will sooner or later suffer.

 

If the Union fails to do so, it will be condemned to fade away – along with its 27 Member States, too small to be anything other than vassals of the major blocs. Unlike the United States, Russia or China, the European Union was built on respect for law and the rejection of power politics and imperialism. European integration was intended precisely to put an end to conflicts between nations and to move beyond the excesses of colonisation. By its very nature, it stands at the opposite end of the imperialistic and violent world promoted by Donald Trump, Vladimir Putin and Xi Jinping, and by their opinion relays in Europe.

 

Olivier Costa

 

P.S. I take this opportunity to recall this op-ed, co-signed with European political leaders and fellow specialists on the European Union, published just before the American operation in Venezuela. It appeared simultaneously in Le Monde, El País, La Repubblica, Le Soir and other newspapers. We argue that continuing European integration is no longer a simple option guided by ideological considerations or a particular worldview: it is the only possible response by our countries to the growing hostility of other blocs.


 

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